Acteur

CIF

Conseiller en Investissements Financiers

Statut français pour conseiller un client sur des instruments financiers (actions, OPC, contrats financiers). Inscription ORIAS, adhésion à une association professionnelle agréée AMF.

Définition

Un CIF (Conseiller en Investissements Financiers) est autorisé à fournir un conseil en investissement sur des instruments financiers — actions, obligations, OPCVM, FIA, parts de SCPI — sans être établissement de crédit ni entreprise d'investissement.

Créé en 2003 et supervisé par l'AMF, le statut s'obtient par inscription à l'ORIAS via une association professionnelle agréée (ANACOFI-CIF, CNCGP, CNCEF Patrimoine, La Compagnie des CGP).

Ce que fait (et ne fait pas) un CIF

Il peut conseiller un client sur l'allocation, le choix d'instruments et les arbitrages, recevoir et transmettre des ordres (RTO) si son agrément le prévoit, et se rémunérer en honoraires et/ou rétrocessions.

Il ne peut pas :

  • gérer un portefeuille sous mandat (statut de société de gestion AMF) ;
  • tenir des comptes-titres ou conserver des actifs (statut de PSI dépositaire) ;
  • distribuer des produits bancaires — crédit, dépôt — qui relèvent de l'IOBSP ;
  • distribuer de l'assurance-vie, qui relève du courtier en assurance.

CIF vs IOBSP vs courtier assurance

Trois statuts distincts, tous inscriptibles à l'ORIAS mais non cumulables librement :

CIFIOBSPCourtier assurance
PérimètreInstruments financiersCrédit, dépôts, paiementsContrats d'assurance
RégulateurAMFACPRACPR
Association obligatoireOui (ANACOFI-CIF, CNCGP…)Oui (ANACOFI-IOBSP, AFIB…)Oui (Planète CSCA…)
Capacité proExamen AMF + diplômeNiveau I/II/IIIIAS niveaux 1/2/3

En pratique, un CGP (Conseiller en Gestion de Patrimoine) cumule souvent les trois statuts pour proposer une offre globale (placements + crédit + assurance-vie).

Obligations professionnelles

Un CIF doit adhérer à une association agréée par l'AMF, justifier d'un diplôme Bac+3 en finance/économie/droit (ou d'une expérience équivalente) et passer l'examen AMF, souscrire une RC pro dédiée, respecter le règlement général de l'AMF (profilage MIF II, conseil formalisé par écrit, déclaration des conflits d'intérêts, archivage 5 ans) et suivre une formation continue annuelle.

L'apport de MIF II

La directive MIF II (2018) a fortement renforcé les obligations :

  • Adéquation : le conseil doit correspondre au profil de risque, à la situation et aux objectifs du client.
  • Information précontractuelle : document d'entrée en relation (DER) et lettre de mission.
  • Transparence des coûts : intégrale, ex ante et ex post (entrée, gestion, rétrocessions).
  • Indépendance : un CIF n'est « indépendant » que s'il évalue un large éventail de produits sans rétrocession ; sinon il doit se déclarer non indépendant.
  • Enregistrement des communications (appels, mails, visios), archivées 5 à 7 ans.

Ce qu'un CIF n'est pas

  • Pas un agent immobilier : conseiller des parts de SCPI est du CIF, mais vendre un bien en direct relève de la loi Hoguet.
  • Pas un robo-advisor : un robo pur (Yomoni, Nalo) est généralement une société de gestion AMF, pas un CIF.
  • Pas autorisé à promettre une performance (sauf produits à capital garanti) ; toute communication doit être équilibrée et mentionner les risques.
  • Pas dispensé des règles de démarchage bancaire et financier, qui s'appliquent en plus.

Dans l'écosystème PSD2

Le CIF n'est pas un statut DSP2, mais la wealthtech le croise : des CIF utilisent un AISP pour récupérer les comptes bancaires et patrimoniaux de leurs clients (vue 360°), ce qui préfigure le futur cadre FIDA sur l'Open Finance des produits d'investissement.

Exemples concrets

  • Cabinets de gestion patrimoniale (CGP) : la plupart sont CIF + IOBSP + courtier assurance, avec 100 à 500 clients ; marché fragmenté (~4 000 cabinets en France).
  • Wealthtech CIF : Grisbee, Nalo (en partie), Cashbee, Goodvest combinent CIF et société de gestion ou partenariat avec une SG.
  • Robo-advisors purs : Yomoni est une société de gestion (pas CIF) car elle gère sous mandat ; Cashbee est CIF + courtier.
  • Loi PACTE et PER : la loi PACTE (2019) a fait du PER un produit phare des CIF, qui doivent en maîtriser les arbitrages assurantiels et financiers.
  • Rétrocessions : la Retail Investment Strategy européenne (en discussion 2024-2025) pourrait imposer un modèle « value for money » et restreindre les rétrocessions sur conseil non indépendant.
  • CIF + données AISP : un CGP qui agrège tous les comptes de son client gagne du temps, mais doit qualifier l'usage des données (consentement, finalité) — cas typique de Harvest, O2S, Manymore.
  • Sanctions AMF : les contrôles se sont intensifiés depuis 2020, avec des sanctions publiques pour défaut de profilage MIF II ou de documentation du conseil.

Sources

Aller plus loin

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